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Hommage à Claude Vigée

par Anne Mounic

Emission de France culture du vendredi 16 octobre 2020 : « Danser sur l’abime »

Claude Vigee, mai2008. Photographie : Guy Braun.

Claude Vigée (3 janvier 1921 - 2 octobre 2020)

ou le chant de l’arbre de vie

Né le 3 janvier 1921 à Bischwiller (Alsace), Claude Vigée s’est éteint le vendredi 2 octobre 2020 dans son sommeil. Pris très tôt dans la tourmente de l’histoire au vingtième siècle, il s’est engagé dans la résistance à Toulouse, puis s’est exilé aux États-Unis au début de 1942. Il s’est alors marié avec sa cousine, Èvelyne Meyer, fondant avec elle une famille. Tous deux eurent deux enfants, Claudine et Daniel.

C’est aux États-Unis que Claude Vigée, après avoir soutenu son doctorat en littérature, se mit à enseigner, dans l’Ohio, puis, plus tard, à l’Université Brandeis. Il invita alors quelques poètes de sa connaissance, Yves Bonnefoy ou Henri Thomas, entre autres, à venir donner quelques cours. Tous les étés, il revenait en France, à Paris et Strasbourg. Puis, en 1960, un poste s’étant libéré à l’Université hébraïque de Jérusalem, il vint s’installer en Israël avec sa famille, ce qui fut pour lui et pour Évy un changement porteur de grand enthousiasme. Ses œuvres en témoignent.

Son premier recueil de poèmes, La Lutte avec l’ange, parut en 1950, et son premier judan, recueil mêlant prose et poème, – le cheminement existentiel et la soudaine surrection du chant –, L’Été indien, fut publié en 1957 par Albert Camus dans la collection blanche, chez Gallimard. C’est dans Moisson de Canaan, en 1967, puis dans La Lune d’hiver (1970), qu’il évoque la joie et les difficultés de cette nouvelle vie dans le jeune état d’Israël. Il y approfondit ses connaissances bibliques et sa réflexion sur le judaïsme au contact de Léon Askénazi, dit Manitou, de Gerschom Scholem, spécialiste de la kabbale, et de Martin Buber, philosophe, du Je et Tu (1923), notamment. Cet approfondissement se transcrit dans des livres comme L’extase et l’errance (1982), Pâque de la parole (1983), Le Parfum et la cendre (1984), La Manne et la Rosée (1986) ou La Faille du regard (1987).

L’inspiration de celui qui, depuis sa thèse de doctorat à la fin de la guerre, a théorisé le rythme poétique comme manifestation de ce murmure intérieur qui trouve expression et splendeur dans la parole, échappant par ailleurs à la saisie et à la volonté à la manière du démonique goethéen, est incontestablement biblique. Certains motifs, comme celui de la lutte avec l’ange et de la gémellité entre Jacob, qui a foi en la parole, et Ésaü, inféodé à ses attaches terrestres, et qui parcourt l’œuvre de Claude Vigée, sont plus visibles que d’autres, plus discrets, comme celui de l’amandier (Jérémie 1, 11-12, ou Genèse 28, 19, Louz, l’amande, étant le nom de la ville qui, à la suite du songe de Jacob, se nomme Béthel, ou Maison de Dieu), dans « L’amandier de Jérusalem » (Passage du vivant, 1984-1989), ou celui du « serviteur Germe », expression récurrente dans la Bible et dans l’œuvre de Claude Vigée, qui s’est intéressé également au personnage de Jonas, fuyant devant la parole, ou à celui de Moïse, bègue, mais porteur auprès du peuple hébreu de ce murmure qu’émet « la voix qui se parle à elle-même, vers Moïse » (La Faille du regard). « Il est difficile de transposer le discours potentiel, inarticulé, encore presque silencieux de la transcendance, dans la sphère de nos représentations sensibles. » (Ibid.) Le poète qu’est Claude Vigée apprivoise cette transcendance, qui pourrait demeurer absolument étrangère, et dès lors mourir, en donnant toute sa confiance à cette transcendance intérieure qu’il favorise en lui depuis sa tendre enfance, époque à laquelle, comme il le conte dans Un panier de houblon (1994-1995), il se confectionna un petit tabernacle portatif, expression de cette jeune spiritualité qui se développa par la suite et devint poétique. En 1957, il nomma « inceste heureux » ce retour sur soi de la conscience sans autre fin qu’elle-même, qui consiste à être au monde et à s’identifier à la vie en acceptant pleinement la dimension tout individuelle de l’existence. Il s’agit d’un choix de la vie, comme le veut le Deutéronome (30, 19), dans sa portée singulière, c’est-à-dire liée à ce « tu » qu’est l’oreille amie, l’oreille qui sait entendre.

Camus, avec lequel se nouait une amitié, interrompue, en 1960, par la mort de l’auteur de L’Homme révolté (1951), disait que « parler répare ». Ce que Claude Vigée nomma, dans La Lune d’hiver, « circoncision de Dieu », refuse l’impuissance eu égard à la fatalité, que la parole humaine tente de dompter. Deux motifs s’imposent ici subtilement, celui du vav conversif de l’hébreu biblique, qui fait de l’instant le lieu de conversion du passé soudain projeté par le dire dans l’avenir, lieu du possible, et celui de l’arbre de vie : « Ce chant qui est le feu du cœur, l’arbre de vie. » (« Le nid du phénix », La corne du Grand Pardon,1954.) Claude Vigée écrivait, dans Délivrance du souffle (1977) :

Jacob et poésie ont le même destin

être juif
ou poète
c’est tout un.

(« Dans le défilé »).

Et nous revenons au petit tabernacle de l’enfance, devenu, au cours de la maturité du poète, « noyau pulsant », « lac de la rosée », « aleph », ce « lieu de nulle part », en somme, tout composé de ce murmure intérieur devenu parole poétique grâce à cette acceptation pleine et entière de la vie, tout individuelle, et limitée dès lors, qu’elle puisse être. Dans cette dimension verticale de l’instant poétique, elle trouve son rayonnement rédempteur, ce souffle qui n’a de cesse de se communiquer.

Claude Vigée, dans cette perspective, a mené une critique de la pensée et de la poésie occidentales, de l’attachement à l’objet esthétique et du dualisme de l’inerte, dans des ouvrages comme Les Artistes de la Faim (1960), Révolte et louanges (1962) ou L’art et le démonique (1978). Sa poétique du rythme a révélé des affinités avec la pensée d’Henri Meschonnic, qui fut son ami.

Les essais de Claude Vigée, initialement publiés chez Flammarion, Calmann-Lévy et José Corti, ont été republiés par Parole et Silence ou bien Orizons. Son œuvre poétique complète est disponible auprès de l’association des Amis de l’Œuvre de Claude Vigée (Jusqu’à l’aube future, Poésies complètes 1950-2015, 2018 ; Le sentier du futur qui mène à l’origine, Poèmes alsaciens, édition bilingue, 2018 ; Poèmes de jeunesse et dernier poème, 2017, dans Peut-être, n° 10, janvier 2019). Une anthologie est disponible dans la collection Points Seuil : L’Homme naît grâce au cri, Poèmes choisis, 1950-2012. Paris : Seuil Points, 2012.

Ces dernières années furent marquées par la mort d’Évy, deuil qui donna lieu aux Chants de l’absence (2007) et par celle du fils, Daniel, en 2013. Toutefois, Claude Vigée s’était donné pour dessein de « résister », malgré tout, comme il le disait souvent. Il voulait atteindre sa centième année. Il y est parvenu. « Vie j’ai » (Isaïe 49, 18) affirma-t-il en changeant son nom après la guerre (il était né Claude Strauss) pour adopter le pseudonyme qu’il s’était forgé à la lecture de la Bible pour publier ses poèmes en bravant l’interdiction pesant sur les Juifs durant le gouvernement de Vichy et l’Occupation nazie. La pensée de Claude Vigée, les finesses de son rythme poétique, éclairent notre modernité en ces « temps de pénurie », comme il le disait en citant et traduisant Hölderlin.

Anne Mounic

Présidente de l’association des Amis de l’Œuvre de Claude Vigée

Chalifert 3-4 octobre 2020.

Le nid du phénix

Lorsque je sens ton corps au milieu de la nuit
S’ouvrir à mon désir et, lourdes de sommeil,
Tes jambes se mêler aux miennes pour l’amour,
Nous abordons ensemble au premier jour du monde.

La pleine lune luit dans les montagnes blanches,
Les vaisseaux du vent fendent
L’eau verte des forêts.
Aux archipels du sang
Brillent nos matinées d’avril étincelantes.

Dans les bois du Vermont pleins de sélaginelles,
Où les pipes d’Indiens courbent leur tête blanche,
Les cueilleurs de myrtilles
Voient la terre de près.
La roche est belle
Dans l’ombre
De leurs mains.

Le suisse chamarré,
Les joues pleines de noix,
Plonge dans son terrier
La tête la première.

Ô coq noir du sommeil à la crête de foudre,
J’ai cloué tes éclairs contre les ais du toit
Dans le recoin le plus obscur de mon grenier !

Passant par le verger sous les ailes des grives,
J’ai pressé dans ma main la pomme encore sure
Et le cœur du pommier m’a battu sous les doigts.

Je lis notre avenir dans les yeux de mon fils ;
Il se tient tout seul dans son parc depuis trois jours :
J’entends croître, dans son babil repris après l’amour,
Ce chant, qui est le feu du cœur, l’arbre de vie.

Claude Vigée, La corne du Grand Pardon, 1954.

Notice biobibliographique.

Né le 3 janvier 1921 à Bischwiller dans le Bas-Rhin, dans une famille juive peu pratiquante, Claude André Strauss parle chez lui dans son enfance le dialecte bas-alémanique, sa première langue, puis apprend le français à l’école. Le dialecte alsacien, accentuel, et la psalmodie biblique contribuent dès le plus jeune âge à faire du rythme le mode d’appréhension de la vie intérieure. Ses parents se séparent en 1935. Durant l’exode, il se trouve seul avec sa mère, Germaine Meyer, et la famille de sa cousine et future épouse, Évelyne Meyer, qui émigre aux États-Unis début 1941. Pendant cette période, Claude Vigée rejoint à Toulouse l’Action juive et fait la connaissance d’écrivains et de poètes, comme Pierre Darmangeat ou Étienne Lalou, qui plus tard le publiera chez Flammarion. C’est à cette époque qu’il voit paraître ses premiers poèmes, sous le nom de Claude Vigée – nom qui est déjà un défi, défi à l’interdit de publier pour un Juif durant cette période, et défi qui consiste à s’affirmer vivant quand triomphe la mort. Claude Vigée adoptera d’ailleurs ce nom de plume comme son seul nom après la guerre. À Toulouse, avant son exil, en novembre 1942, il fait la connaissance de Jean Cassou et de Benjamin Crémieux, ainsi que de Pierre Seghers. Il se rend également chez Pierre Emmanuel à Dieulefit, chez Joë Bousquet à Carcassonne et rencontre chez lui, à Marseille, Lanza del Vasto.

La traversée, en novembre 42, sur le Serpa Pinto, de Lisbonne à New York, inaugure la période américaine, qui se conclura en 1960, quand Claude Vigée obtiendra un poste provisoire, puis définitif, à l’Université hébraïque de Jérusalem. Claude Vigée associe l’exil en Amérique avec l’ennui, surtout les premières années passées en Ohio. Pourtant, dans la « terre gaste » américaine, il retrouva Évy, qu’il épousa en 1947 et, ayant soutenu son doctorat sur le démonique chez Goethe, il fit une brillante carrière universitaire qui le mena, de 1949 à 1959, à l’Université de Brandeis, où il devint Président du département de langues romanes. À ce titre, il eut l’occasion d’inviter pour des lectures, des conférences ou des cours nombre de poètes américains ou étrangers, dont Robert Frost, William Carlos Williams, Robert Lowell, Elizabeth Bishop, Jorge Guillen, Henri Thomas, Pierre Emmanuel, Alain Bosquet, Yves Bonnefoy ou René Girard. Un de ses collègues, Président du département de philosophie, était Herbert Marcuse. Dès le début de son séjour américain, il fit la connaissance de Saint-John Perse qui reçut le couple plusieurs fois chez lui.

Claude Vigée n’oublie pas la France, où il revient durant les vacances. C’est durant un de ces séjours à Paris qu’il eut la joie de voir dans la vitrine de la librairie Les Lettres son premier recueil (1950), La lutte avec l’ange, qui fut suivi de Avent (1951) et de Aurore souterraine (1952), cette fois-ci chez Seghers. Le poète avait fait la connaissance de Jean Follain, André Frénaud, Eugène Guillevic, Eugène Ionesco, de Jules Supervielle également et, par la suite, de Gaston Bachelard. Des États-Unis, il adressa à Albert Camus le manuscrit de L’Été indien  ; que ce dernier accepta et publia, en 1957, ce qui fut le prélude à une trop brève amitié. Les affinités entre les deux écrivains sont nombreuses – exil, sens éthique, quête spirituelle. Parallèlement à ses écrits poétiques, Claude Vigée mène une carrière de critique, publiant de nombreux essais d’importance, comme Les artistes de la faim (1960), ouvrage qui lui donna l’occasion de rencontrer Raymond Aron aux éditions Calmann-Lévy, ou Révoltes et louanges (Corti, 1962).

L’installation à Jérusalem ouvre une nouvelle période, heureuse, de la vie de Claude Vigée. C’est la découverte d’un univers pittoresque, haut en couleur, qu’il décrit dans Moisson de Canaan. Claude Vigée fait alors des rencontres importantes, comme celle de Martin Buber et de Gerschom Scholem. C’est ce dernier qui lui ouvre l’immense trésor poétique de l’univers cabalistique, incitant le poète à approfondir sa connaissance du mythe. Il suit aussi les leçons de Léon Askénazi, dit Manitou, et côtoie André Néher et André Chouraqui, ainsi que des écrivains et poètes israéliens écrivant en hébreu, comme Léa Goldberg, Agnon, Yehouda Amichaï, David Rokéah, Haïm Gouri, Ted Carmi, d’origine américaine, ou A.B. Yehoshua. Le contact avec Paris n’est pas rompu. Claude Vigée y rencontre André Malraux en 1966 et continue à y publier poèmes, judans et essais chez Flammarion, de 1967 à 1989. Son œuvre, depuis La lutte avec l’ange, est bien reçue par la critique et a été saluée par de nombreux poètes et écrivains. Il a également reçu un certain nombre de prix, comme le prix Würth en Allemagne, ou, en France, le Grand Prix de l’Académie française, puis, en 2013, le Grand Prix national de la Poésie. Claude Vigée a également mené un dialogue suivi avec des philosophes, comme Vladimir Jankélévitch, Jean Wahl, Robert Misrahi, Emmanuel Levinas ou le biologiste Henri Atlan. Son œuvre, à ce jour, est traduite en allemand, en italien et en anglais.

Il n’a jamais non plus oublié l’Alsace puisqu’il a publié de nombreux poèmes en langue alsacienne, Les orties noires (1984) et Le feu d’une nuit d’hiver (1989) notamment. En 1994 et 1995, il écrit ses mémoires d’enfance – les deux tomes de Un panier de houblon. Il approfondit également, durant cette période, la spiritualité juive avec des ouvrages comme Vision et silence dans la poétique juive (1999) ou Dans le silence de l’Aleph (1992). Les éditions Parole et Silence ont dès lors publié régulièrement ses poèmes, ses essais et de nombreux entretiens, rééditant aussi de nombreux écrits critiques importants extraits des Artistes de la faim ou de L’Art et le démonique, entre autres. Depuis 2001, Claude Vigée vit uniquement à Paris en raison de l’état de santé de son épouse, dont il a pris soin depuis les débuts de sa maladie, en 1997, jusqu’à sa disparition, le 17 janvier 2007. Il connut, quelques années plus tard, un autre deuil, celui de Daniel, son fils cadet, mort le 3 novembre 2013, à Paris. En 2008 a paru Mon heure sur la terre aux éditions Galaade. D’autres ouvrages ont suivi : Lièwesschprooch, Poésies et proses en dialecte alsacien, Bischwiller, Uffem Hàseschprung éditeurs, 2008. Mélancolie solaire, Paris, Orizons, 2008. Le fin murmure de la lumière, Paris, Parole et Silence, 2009. Ce qui demeure : Le témoignage d’Adrien Finck, Strasbourg, Éditions de la Revue alsacienne de littérature, 2009. L’extase et l’errance (réédition), Paris, Orizons, 2009. La double voix, Paris, Parole et Silence, 2010. Les Sentiers de velours sous les pas de la nuit, Cahier de Peut-être n° 1, Chalifert, Association des Amis de l’œuvre de Claude Vigée, 2010. Rêver d’écrire le temps : De la forme à l’informe, Paris, Orizons, 2011. Il existe, dans la collection Points Seuil, une anthologie des poèmes, parue en 2013 sous le titre L’homme naît grâce au cri.

Sur l’idée d’Évy, une Association des Amis de l’œuvre de Claude Vigée s’est créée à l’automne 2007. Elle publie une revue poétique et philosophique, annuelle, Peut-être, fondée en 2010, dont le présent recueil constitue un numéro spécial. Tous renseignements sur : http://revuepeut-etre.fr Claude Vigée se trouve également au comité de rédaction de la revue Temporel : http://temporel.fr

L’œuvre poétique de Claude Vigée est disponible dans son entier dans les trois volumes suivants :

Jusqu’à l’aube future, Poèmes 1950-2015. Peut-être n° 9. Chalifert : Association des Amis de l’Œuvre de Claude Vigée, 2018.

Le sentier du futur, qui mène à l’origine. Poèmes alsaciens. Édition bilingue. Cahier de Peut-être n° 5. Chalifert : Association des Amis de l’Œuvre de Claude Vigée, 2018.

Pourquoi faut-il ? 2017 et Perce-Neige (1936-1940). Poèmes de l’enfance et de l’adolescence en Alsace. Peut-être n° 10. Chalifert : Association des Amis de l’Œuvre de Claude Vigée, 2019, pp. 115 et 117-141.

A.M.

Bibliographie :

La Lutte avec l’ange, Paris, Les Lettres, 1950. Nouvelle édition complète, Paris, L’Harmattan, 2005.

Avent, Paris, Les Lettres, 1951.

Aurore Souterraine, Paris, Seghers, 1952.

La Corne du Grand Pardon, Paris, Seghers, 1954.

L’Été indien (poèmes, suivis du Journal de l’Été indien). Paris, Gallimard, 1957.

Les Artistes de la Faim, essais critiques, Paris, Calmann-Lévy, 1960.

Révolte et louanges, Paris, Corti, 1962.

Canaan d’Exil, Paris, Seghers, 1962.

Moisson de Canaan, Paris, Flammarion, 1967.

Le soleil sous la mer, Paris : Flammarion, 1972.

Délivrance du souffle, Paris : Flammarion, 1977.

Du bec à l’oreille, Strasbourg, Éditions de la Nuée-Bleue, 1977.

L’art et le démonique, Paris, Flammarion, 1978.

L’extase et l’errance, Paris, Grasset, 1982.

Pâque de la parole, Paris, Flammarion, 1983.

Le Parfum et la cendre, Paris, Grasset, 1984.

Les Orties noires, Paris, Flammarion, 1984.

Vivre à Jérusalem : Une voix dans le défilé. Chronique : 1960-1985, En collaboration avec Luc Balbont. Paris : Nouvelle Cité, 1985.

Heimat des Hauches, Baden-Baden, Elster, 1985.

La Manne et la Rosée (essai), Paris, Desclée de Brouwer, 1986.

La Faille du regard, Paris, Flammarion, 1987.

Wénderôwefir, Strasbourg, Association Jean-Baptiste Weckerlin, 1988.

La Manna e la rugiada, Rome, Borla, 1988.

Le Feu d’une nuit d’hiver : Chantefable, Paris, Flammarion, 1989.

Aux sources de la littérature moderne : 1. Les Artistes de la faim : Essais, Bourg-en-Bresse, Philippe Nadal, 1989.

Leben in Jerusalem, Baden-Baden, Elster Verlag, 1990.

Dans le Silence de l’Aleph : Écriture et Révélation, Paris, Albin Michel, Spiritualités vivantes, 1992

Apprendre la nuit, Paris, Arfuyen, 1991.

L’Héritage du feu, Paris, Mame, 1992.

Selected Poems, Traduits par Anthony Rudolf, Londres, Menard-King’s College Press, 1992.

Claude Vigée, Victor Malka, Le Puits d’eaux vives : Entretiens sur les Cinq Rouleaux de la Bible, Paris, Albin Michel, 1993.

Un Panier de houblon, Tome 1, Paris, J.-C. Lattès, 1994.

Un Panier de houblon, Tome 2, L’Arrachement, Paris, Jean¬-Claude Lattès, 1995.

Aux Portes du labyrinthe, Paris, Flammarion, 1996.

La Maison des vivants : Images retrouvées, Strasbourg, La Nuée bleue, 1996.

Treize inconnus de la Bible (avec Victor Malka), Paris, Albin Michel, 1996.

Bischwiller oder Der grosse Lebold, jüdische Komödie, Berlin, Verlag das Arsenal, 1998.

Le Grenier magique, Album (en collaboration avec Alfred Dott), Bischwiller, Graph, 1998.

La Lucarne aux étoiles : Dix cahiers de Jérusalem (1967-1997), Paris, Éditions du Cerf, 1998.

Vision et silence dans la poétique juive, Paris, L’Harmattan, 1999.

Les Orties noires, Nouvelle édition bilingue, préfacée et commentée par Frédéric Hartweg, Postface de Heidi Traendlin, Strasbourg, Oberlin, 2000.

Journal de l’été indien : Il n’y a pas de temps profane, Paris, Parole et Silence, 2000.

Le Passage du vivant, Paris, Parole et Silence, 2001.

La Lune d’hiver. Paris, Honoré Champion, 2002, Première édition, Flammarion, 1970.

Dans le Creuset du vent, Paris, Parole et Silence, 2003.

Danser vers l’abîme, Paris, Parole et Silence, 2004.

Être poète pour que vivent les hommes. Choix d’essais et d’entre-tiens 1950-2005, Paris, Parole et Silence, 2006.

Les Portes éclairées de la nuit, En collaboration avec Sylvie Parizet, Paris, Éditions du Cerf, 2006.

Pentecôte à Bethléem. Choix d’essais, 1960-1987, Paris, Parole et Silence, 2006.

Claude Vigée et Yvon Le Men, Toute vie finit dans la nuit, entretiens, Paris, Parole et Silence, 2007.

La nostalgie du père. Nouveaux essais, entretiens et poèmes, 2000-2007. Paris, Parole et Silence, 2007.

Chants de l’absence / Songs of absence. Edition bilingue. Poèmes traduits en anglais par Anthony Rudolf. Londres/Paris, The Menard Press/Temporel, 2007.

Lièwesschprooch, Poésies et proses en dialecte alsacien, Bischwiller, Uffem Hààseschprung éditeurs, 2008.

Mon heure sur la terre, Paris, Galaade, 2008.

Mélancolie solaire, Paris, Orizons, 2008.

Le fin murmure de la lumière, Paris, Parole et Silence, 2009.

Ce qui demeure : Le témoignage d’Adrien Finck, Strasbourg, Editons de la Revue alsacienne de littérature, 2009.

L’extase et l’errance (réédition), Paris, Orizons, 2009.

La double voix, Paris, Parole et Silence, 2010.

Les Sentiers de velours sous les pas de la nuit, Cahier de Peut-être n° 1, Chalifert, Association des Amis de l’œuvre de Claude Vigée, 2010.
Rêver d’écrire le temps : De la forme à l’informe, Paris, Orizons, 2011.
L’homme naît grâce au cri, Poèmes choisis (1950-2012). Paris, Seuil, 2013.
Heimat des Hauches : Gedichte und Gespräche (1985). Zürich, Elster Verlag, 2017.
Jusqu’à l’aube future. Poésies complètes (1950-2015). Peut-être, n° 9, janvier 2018.
Le sentier du futur, qui mène à l’origine. Cahier de Peut-être, n° 5. Chalifert, Association des Amis de l’œuvre de Claude Vigée, 2018.
Pourquoi faut-il ? (2017) et Perce-Neige, poèmes de jeunesse (1936-1940). Peut-être n° 10, janvier 2019, pp. 115-141.

Traductions :
Cinquante poèmes de R.M. Rilke,
Paris, Les Lettres, 1953 ; « Jeunes Amis du Livre », 1957.
Mon printemps viendra, poèmes de Daniel Seter, adaptés par Claude Vigée, Paris, Seghers, 1965.
Les Yeux dans le rocher, poèmes de David Rokéah, traduits de l’hébreu par Claude Vigée, Paris, Corti, 1968.
L’Herbe du songe, poèmes d’Yvan Goll, traduits de l’allemand par Claude Vigée, Paris, Caractères, 1971 ; Arfuyen, 1988.
Le Vent du retour, poèmes de R.M. Rilke, Paris, Arfuyen, 1989, Nouvelle édition bilingue, avec préface et postface de Claude Vigée, 2005.
Quatre Quatuors, poèmes de T. S. Eliot, traduits de l’anglais par Claude Vigée, Londres, The Menard Press, 1992.
Netz des Windes, traduit par Walter Helmut Fritz. Künzelsau, Swiridoff Verlag, 2002.
Un Abri pour nos têtes, poèmes de Shirley Kaufman, traduits de l’américain par Claude Vigée, Chambon-sur-Lignon, Cheyne, 2003.
Alle porte del silenzio, traduction italienne d’Ottavio Di Grazia, Milan, Paoline, 2003.
Wintermond, traduit par Lieselotte Kittenberger, Künzelsau, Swiridoff Verlag, 2004.

Archives littéraires :
Institut mémoire de l’Édition contemporaine (I.M.E.C.), Abbaye d’Ardennes, 14280 Saint-Germain-la-Blanche-Herbe.
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, 6 place de la République, 67070 Strasbourg.

Ouvrages sur Claude Vigée :
Jean-Yves Lartichaux, Claude Vigée, Paris, Seghers Poètes d’aujourd’hui, 1978.
Adrien Finck, Lire Claude Vigée, Strasbourg, C.R.D.P. n° 14, 1990.
Adrien Finck, Claude Vigée : Un témoignage alsacien, Strasbourg, La Nuée bleue, 2001.
Francine Kaufmann, « Le Judan, ou l’esthétique littéraire de Claude Vigée », in Écrits français d’Israël de 1880 à nos jours, textes réunis et présentés par David Mendelson et Michaël Elial, La Revue des Lettres modernes, Paris, Minard, 1989.
Heidi Traendlin, La Poésie alsacienne de Claude Vigée : Poésie baroque, poésie d’enfance, Lille, Atelier national de reproduction des thèses, 1999.
La Terre et le souffle : Rencontre autour de Claude Vigée, 22-29 août 1988, Colloque de Cerisy, 22-29 août 1998, Sous la direction d’Hélène Péras et Michèle Finck, Paris, Albin Michel, 1992.
Colloque Claude Vigée,
Université de Strasbourg. Revue alsacienne de Littérature n° 30, 1990.
L’Œil témoin de la parole : Rencontre autour de Claude Vigée, Sous la direction de David Mendelson et Colette Leinmann, Paris, Parole et Silence, 2001.
Hommage à Claude Vigée, pp.
1-50, Continuum n° 2, Tel-Aviv, 2004.
Anne Mounic, La Poésie de Claude Vigée : Danse vers l’abîme et connaissance par joui-dire, Paris, L’Harmattan, 2005.
L’Œuvre de Claude Vigée, revue Friches, Saint-Yrieix, 2006.
Helmut Pillau, Unverhoffte Poesie : Claude Vigée, Forum Literaturen Europas 4, Brême, 2007.
Sylvie Parizet, éd., « Là où chante la lumière obscure », Hommage à Claude Vigée, Paris, Cerf, 2011.
Anne Mounic, éd., Benjamin Fondane / Claude Vigée : Le questionnement des origines. Paris : Honoré Champion, 2014.
Anne Mounic, éd., « Tu dis pour naître » : Rencontres internationales autour de l’œuvre de Claude Vigée. Revue Peut-être n° 7, janvier 2016.
Andrée Steinmetz-Meichel, Zum Gelobten Land verdammt : Claude Vigées Weg nach Jerusalem. Zürich : Elster Verlag, 2017.

Travaux universitaires :
Michèle Finck, Exil et origine dans La Vallée des Ossements de Claude Vigée, D.E.A. sous la direction de Pierre Brunel, Université de Paris IV Sorbonne, juin 1984.
Heidi Traendlin, Claude Vigée ou le poète face à la réalité. D.E.A. sous la direction de Françoise Gerbod et d’Anne-Marie Pelletier. Université de Paris X Nanterre, 1992.
Andrée Steinmetz-Meichel, Zum gelobten Land verdammt : Claude Vigée’s Weg nach Jérusalem. Magisterarbeit, Magister Artium (M.A.), Institut für Literaturwissenschaft, Universitât Karlsruhe, 1993.
Ronald Euler, La Problématique alsacienne dans le poème des Orties noires de Claude Vigée, Mémoire de maîtrise sous la direction d’Adrien Finck, Université des sciences humaines de Strasbourg, décembre 1995.
Philippe Abry, Des Racines et des ailes : aspects du parcours poétique d’Adrien Finck et de Claude Vigée, Mémoire de D.E.A. sous la direction de Maryse Staiber, Université Marc Bloch. Strasbourg, juin 2003.
Elisa Carli, Il viaggio nel labirinto : Claude Vigée E la ricerca della parola poetica. Tesi di laurea. Università degli Studi della Calabria. Facoltà di Lettere e philosophia, 2003-2004.
Aude Préta de Beaufort, La Poésie comme « exercice spirituel » et comme « incarnation »..., thèse d’habilitation soutenue à l’Université de Paris IV-Sorbonne le 4 juillet 2005. Un chapitre de l’essai est consacré à l’œuvre de Claude Vigée.

Revues :

Temporel, revue littéraire et artistique, fondée en février 2006. http://temporel.fr Revue en ligne.

Peut-être, revue poétique et philosophique, fondée en janvier 2010. Parution annuelle. http://revuepeut-etre.fr