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Editorial
Peut-être N°6

par Anne Mounic

Ce sixième numéro de Peut-être s’ouvre avec le souvenir de Daniel Vigée, qui s’est éteint au début du mois de novembre 2013. Il aurait eu soixante et un an à la fin de novembre 2014. Tous ceux qui ont côtoyé Daniel, tous ceux qui l’ont connu à travers les poèmes de Claude Vigée, partagent une grande tristesse et s’associent pleinement au deuil de sa famille, et tout particulièrement de son épouse Jola et de ses enfants, Nathalie (et son époux) et Raphaël. Nous reproduisons la brève allocution que Claude avait dictée à Nathalie pour la cérémonie de Bischwiller ainsi que le discours de Claude Heymann, Rabbin de la communauté de Haguenau. Nous associons Evy à son fils dans notre souvenir.

Les essais de Claude Vigée ici repris, partiellement pour « L’annonce d’un matin d’hiver », et dans son intégralité pour « Esclaves et étrangers : Flaubert et Chateaubriand à Jérusalem », permettent de bien mettre en relief la complémentarité de ces lieux, l’Alsace et Jérusalem, dans l’existence et dans l’œuvre de Claude ainsi que dans la vie de sa famille. Blandine Chapuis dédie à Evy son étude fouillée sur l’œuvre de Claude Vigée : « La poésie comme promesse d’avenir ». Il est aussi beaucoup question de cette œuvre qui nous rassemble dans le dossier qu’Oleg Poliakow a réuni pour nous autour d’une réflexion sur le verset de la Genèse concernant la création de l’homme (Genèse 2, 7) associée à cette belle expression du philosophe Paul Ricœur : « L’homme, c’est la Joie du Oui dans la tristesse du fini. »
Nous traversons une période de commémorations multiples. L’année 2014 marquait le centenaire de la naissance de Dylan Thomas, que célèbre Jean Migrenne, mais inaugurait également une double perspective historique, le centenaire du début de la Grande Guerre s’associant avec le soixante-dixième anniversaire de la Libération. Nelly Carnet s’est entretenue avec Nelly Leviandier-Coulon, résistante. Je poursuis mon travail de réflexion sur les poètes de la Grande Guerre. Pierre Brunel nous parle de Rimbaud et établit un lien particulier avec l’œuvre de Claude Vigée.

Le cahier de création s’ouvre avec des poèmes inédits de Claude. Marc Sagnol nous ouvre par ses traductions l’œuvre d’Alexandre Guelman, poète russe, et d’Inna Fridkina. Je propose, en version bilingue, des poèmes très célèbres de Wilfred Owen, Charles Hamilton Sorley, Isaac Rosenberg, Ivor Gurney et Robert Graves. On retrouvera ensuite, ou on découvrira, Gabrielle Althen, Beryl Cathelineau-Villatte, Marc Kauffmann, Pénélope Sacks-Galey et Marc Sagnol. Jean-Luc Hohl-Muller nous donne à lire un essai sur la langue alsacienne, sous forme de nouvelle, « Les écureuils ». Lydie et Guy Baranton, fils du peintre dont nous présentons l’œuvre, Roger Baranton, évoquent pour nous leur père et sa joie de peindre, qui transcenda pour lui toute autre difficulté d’existence. Il se situe dans cette école de Paris d’après la Seconde Guerre mondiale, qui rassemble des artistes comme Maurice Estève ou Bram Van Velde, dont il se sentait proche. Il fut l’élève d’André Lhote.

Je ne puis achever cet éditorial sans reproduire la rem arque d’Hélène Péras, qui signa dans le numéro 5 un article « En hommage à la mémoire de François-René Daillie ». Durant ma relecture du volume, j’avais, après vérification dans le Robert, modifié l’orthographe de « pantoun », présentée comme archaïque dans ce dictionnaire, en « pantoum », orthographe courante dont j’avais, je dois le dire, l’habitude. Voici l’erratum : « Un scrupule de la rédaction de la revue a fait adopter dans l’hommage à François-René Daillie (p. 95) la graphie pantoum, coutumière en français, pour désigner ce genre littéraire malais. Hélène Péras tient à préciser qu’elle avait écrit pantoun, seule graphie considérée comme valable par François-René Daillie et d’autres spécialistes de la littérature malaise. » Mes excuses à Hélène et à nos lecteurs, et bonne lecture de ce numéro. Qu’on veuille bien me pardonner pour l’excès d’attention que j’aurai porté à chaque contribution.

Chalifert, le 4 octobre 2014