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Editorial numéro 10

Avec ce numéro 10 de notre revue, après le numéro 9, numéro spécial consacré à l’édition des Poésies complètes de Claude Vigée, Jusqu’à l’aube future (Poèmes 1950-2015), nous revenons à la composition habituelle de Peut-être. Toutefois, après la publication des Poèmes alsaciens dans le Cahier de Peut-être n° 5 (septembre 2018), nous parachevons entre ces pages la publication de l’oeuvre poétique avec les Poèmes de jeunesse, Perce-Neige (1936-1940), et le dernier poème, à cette date, écrit par Claude Vigée, « Pourquoi faut-il ? » (novembre 2017). Tout est désormais disponible et le demeurera.
Pour ouvrir cette nouvelle livraison, nous proposons à la relecture l’avant-propos à l’anthologie des poèmes de Claude Vigée, Aux portes du labyrinthe (Paris : Flammarion, 1996), « Demain la seule demeure ». Cet élan vers l’avenir, en complet acquiescement au devenir, est caractéristique de la pensée du poète, ce qui est patent dans les titres choisis pour les deux recueils récemment parus. « Alliances et ruptures, fécondations et solitude, je me reconnais seulement dans ce que je fais en vivant. Avec les autres, ou contre eux. Je n’écris jamais par ouï-dire, mais uniquement par joui-dire, si je peux m’exprimer par un jeu de mots. J’écris en m’efforçant d’accomplir en moi l’être humain dans sa vérité pauvre et nue, qui est notre ultime splendeur. »
Dans les poèmes de jeunesse, l’émerveillement se mêle à la tristesse ; le paysage alsacien est peuplé de drames et de féerie ; le poète, déjà, se montre attentif au détail et, de quitter Bischwiller, se sent en exil à Strasbourg.

« Moi je n’ai personne qui m’aime
Ou qui me veuille un peu de bien :
On m’a tout pris, jusqu’à mon petit chien,
Mais je dois être heureux quand même. »

Ce « quand même » fut promis à un long avenir. Il est, je crois, toujours d’actualité.
Parmi les autres contributeurs à ce numéro, Heidi Traendlin nous offre une étude fine du poème qui ouvrait Le Feu d’une nuit d’hiver. Martine Blanché, qui a recueilli les contributions d’Helmut Pillau et de Jean-Paul Sorg, rassemble entre ces pages quelques poètes alsaciens, Maxime Alexandre,Georges Zink et Emile Storck, et, s’interrogeant sur le bilinguisme, donne un contexte à l’oeuvre de Claude Vigée. Avec Guillaume d’Enfert, nous retrouvons Louise Hervieu.
Nous pouvons lire également proses et poèmes de Bernard Vargaftig, Georges Gachnochi et Beryl Cathelineau Villatte. Comme un accompagnement à ces oeuvres de langage, nous pouvons nous persuader de la diversité de la gravure grâce aux oeuvres de Michèle Joffrion, Judikaël, Véronique Laurent Denieuil, Rem et Guy Braun.